Source Wikipedia.

Mohamed Sifaoui (né le 1) est un journaliste, écrivain et réalisateur francoalgérien installé en France.

Ses reportages concernent principalement des infiltrations dans des milieux dangereux, décrits comme fondamentalistes ou du crime organisé. Lauréat de plusieurs prix journalistiques, ses enquêtes et ses déclarations lui valent des controverses avec certains auteurs ou journalistes.

Biographie

Avant de quitter l’Algérie pour s’installer en France en 1999, Mohamed Sifaoui était le correspondant du journal Jeune Afrique2.

Mohamed Sifaoui a réalisé plusieurs enquêtes et reportages dont certains publiés dans la presse (notamment dans l’hebdomadaire Marianne) et à la télévision ou sous la forme d’ouvrages. Il a également témoigné pour Charlie Hebdo lors du procès intenté au journal satirique par des associations musulmanes à l’issue de l’affaire des caricatures de Mahomet. Il a soutenu Robert Redeker3.

En 2003, il remporte le grand prix Jean-Louis Calderon, dans la catégorie vidéo du 17e Festival international du scoop et du journalisme, pour J’ai infiltré un réseau terroriste4.

Il est également l’auteur, avec Philippe Bercovici de deux bandes dessinées5 et a participé au scénario du film La Désintégration, réalisé par Philippe Faucon et sorti en salle le 6.

Depuis 2016, année de son adhésion, il est délégué à la lutte contre les extrémismes religieux et politique du bureau exécutif de la LICRA7.

Controverses

En 2015, Jean-Christophe Moreau considère, dans le Huffington Post, que Alain Gresh, avec le soutien de Thomas Deltombe, a mené une campagne de dénigrement contre Mohamed Sifaoui8.

Positionnement politique

Lui-même se présente comme un opposant au régime algérien qui a dû fuir son pays, mais un certain nombre d’observateurs le contestent sur ce point.

Il est soutenu par le rapport de l’année 2000 de l’association Reporters sans frontières (RSF) qui écrit : « Mohamed Sifaoui a subi un véritable harcèlement et reçu des menaces de la part des militaires pour avoir tenté d’enquêter sur certains assassinats et sur la question des « disparus ». Craignant pour sa vie, il a dû s’exiler, fin 19999. »

En 2002, dans son livre La Mafia des généraux10, Hichem Aboud, ancien militaire algérien devenu écrivain, soutient qu’il existe une proximité entre M. Sifaoui et les généraux algériens10. Cependant, H. Aboud a été lui aussi, tout comme M. Sifaoui, soupçonné de connivence avec les services de renseignement11.

En 2007, le journaliste Alain Gresh, du Monde diplomatique, écrit à propos d’un film documentaire réalisé par Antoine Vitkine : « On ne saura rien, bien évidemment, sur les relations qu’entretient le dénommé Sifaoui avec les généraux algériens, ni de son témoignage en faveur du général Khaled Nezzar dans un procès à Paris en juillet 2002 contre un ancien officier algérien Souaïdia, auteur d’un livre sur la sale guerre (La Sale Guerre, Paris, La Découverte), qui met en cause l’armée algérienne dans nombre d’exactions commises durant la décennie 1990. »12. Selon certaines sources, à son arrivée en France, Sifaoui serait immédiatement devenu l’ami de certains haut-gradés algériens, au point de venir soutenir le général K.Nezzar lors d’un procès qui s’est tenu à Paris en 2002 qui opposa K.Nezzar à H.Souaïdia13.

L’origine de cette polémique se situe dans le conflit juridique engagé entre M.Sifaoui et les éditions La Découverte, à propos d’un livre de H.Souaïdia intitulé La Sale Guerre. M.Sifaoui aurait dû être co-auteur de l’ouvrage, mais il s’est brouillé avec H.Souaïdia et avec l’éditeur14. Deux versions s’opposent sur cette affaire : celle de M.Sifaoui, soutenue par Caroline Fourest, qui écrit que M.Sifaoui est victime d’une « rumeur lancée par des journalistes français et les services secrets algériens contre M.Sifaoui pour le discréditer »15 et celle des contradicteurs de M.Sifaoui, qui questionnent sa proximité avec le général algérien K.Nezzar13,16. Sur ce sujet, H.Souaïdia, dans une réponse à C. Fourest17 indique que, très peu de temps après avoir obtenu le statut de réfugié politique en France, « Mohamed Sifaoui a participé à deux reprises à deux longues émissions de l’ENTV, l’unique chaîne de télévision algérienne (le 14 avril 2001 et le 17 juin 2002) […] » et qu’il est légitime de s’interroger sur « les étonnantes coïncidences entre les analyses de ce journaliste très médiatisé en France [Mohamed Sifaoui] et la désinformation organisée par le régime algérien ». M.Sifaoui a également publié en Algérie, aux éditions Chihab, Histoire d’une imposture13qui est différent de la version initiale de La Sale Guerre à laquelle il avait participé.

En 2011, il publie un pamphlet contre le président algérien Abdelaziz Bouteflika intitulé Bouteflika, ses parrains et ses larbins18 et, en 2012, il s’attaque aux services spéciaux algériens dans un autre ouvrage intitulé L’État DRS, Histoire secrète de l’Algérie indépendante19.

Ami de Manuel Valls, il s’affiche à ses côtés lors de la déclaration de candidature à la primaire citoyenne de 201720.

Prises de positions de l’auteur

Mohamed Sifaoui affirme avoir été victime d’islamistes, qui l’auraient agressé dans la rue le vendredi 13 juin 2008, alors que sa protection policière lui a été retirée quelques mois plus tôt21 et un appel avait été lancé dans le journal Le Monde le 13 août 2008 par plusieurs personnalités en faveur de « Sifaoui, musulman laïc et démocrate ».

Le MEMRI a publiquement pris la défense de Mohamed Sifaoui22.

Dans un entretien accordé en 2008 au Middle East Quarterly (en), il estime que la majorité des musulmans sont modérés mais que près de 20 % des « musulmans de la planète doivent être totalement rééduqués mais aussi combattus politiquement, idéologiquement et militairement ». L’islamisme serait selon lui comparable au nazisme23. Il est fermement opposé au régime iranien23.

En 2010, Mohamed Sifaoui dans un pamphlet intitulé Éric Zemmour, une supercherie française met en cause Éric Zemmour, Bat Ye’or (dont la théorie d’Eurabia est qualifiée de « divagations […] conspirationnistes » et est comparée aux Protocoles des Sages de Sion et à La France juive24), Geert Wilders et Daniel Pipes.

Le 15 juin 2016, l’État islamique diffuse un message vidéo de Larossi Abballa, assassin d’un couple de policiers de Magnanville, qui cite parmi une liste de cibles le nom de Mohammed Sifaoui25,26.

Critiques

Le 2 décembre 2004, France 2 diffusait un documentaire spécial sur Tariq Ramadan réalisé par Mohamed Sifaoui. Le reportage était présenté sous la forme d’une excursion au centre du réseau islamiste français27, dans lequel T. Ramadan sera l’objet d’un montage qualifié de « fabrication »[non neutre] 27.

Son investigation J’ai infiltré le milieu asiatique a créé une polémique avec les communautés asiatiques de France et accessoirement avec Alexandre Lebrun28, principal protagoniste du film. Dans un reportage diffusé sur Phoenix TV29, Alexandre Lebrun présente les mêmes armes que celles vues dans le reportage et précise que ce sont des armes factices de cinéma. Les propos tenus par Mohamed Sifaoui dans ce reportage ainsi que dans une interview donnée sur RMC30 dans le cadre de l’émission Les Grandes gueules ont également fait réagir une soixantaine d’associations asiatiques françaises31. Mohamed Sifaoui y affirmait notamment que « la majorité des asiatiques que j’ai fréquentés n’a absolument rien à foutre de la communauté nationale.(…) Ils sont là pour gagner de l’argent »32. Charles Villeneuve, qui a diffusé le film dans son émission aujourd’hui terminée le Droit de Savoir, a apporté son soutien à Sifaoui33. TF1 a annoncé la rediffusion du film sur son site web en changeant le titre en « Un an au cœur de la communauté asiatique » mais a diffusé à la place une enquête consacrée au marché du travail34. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a rappelé TF1 à sa convention qui stipule de ne pas encourager, notamment, « les comportements discriminatoires et […] à promouvoir les valeurs de l’intégration […]35,36. » Le 4 mars 2008, à la suite de l’intervention de Mohamed Sifaoui sur l’antenne de RMC, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a également adressé une mise en demeure à la station de respecter l’article 15 de la loi du 30 septembre 1986 qui dispose que « les programmes des services de radio et de télévision ne contiennent aucune incitation à la haine ou à la violence pour des raisons de race, de sexe, de mœurs, de religion ou de nationalité »37.

Son documentaire J’ai infiltré une cellule terroriste au cœur de Paris, diffusé sur M6, est qualifié par Thomas Deltombe, auteur de L’Islam imaginaire : la construction médiatique de l’islamophobie en France, de description « parfaitement invraisemblable ». Deltombe poursuit en écrivant que « consacré “expert” grâce à cette ahurissante opération de dépistage de cancer islamiste, [Sifaoui] multipliera ensuite les livres à succès et les reportages sensationnalistes, et recyclera sur tous les plateaux de télévision la théorie combinée de la “tolérance zéro” et du “péril islamiste”38. »

Le journal L’Humanité accuse également Mohamed Sifaoui d’« inonder les réseaux sociaux de propos ouvertement racistes »39. Le journal 20 Minutes écrit de son côté qu’il « a multiplié les tweets injurieux », « visant aussi bien les portugais, les asiatiques que les algériens »40.

Affaire Estelle Mouzin

En janvier 2008, Mohamed Sifaoui intervient dans l’affaire Estelle Mouzin pour donner une information sur le possible lieu où la jeune fille aurait été enterrée. Il explique avoir entendu parler de la découverte d’un corps d’enfant par des ouvriers lors des travaux de transformation d’un entrepôt de Brie-Comte-Robert en restaurant41. Dix personnes sont ensuite mises en garde à vue et sont rapidement relâchées après démolition du sol du restaurant (ancien entrepôt industriel devenu à la fin de l’été 2007 un restaurant chinois) à la pelleteuse qui n’a révélé que des ossements d’animaux et pas de cadavre humain42,43.

Mohamed Sifaoui se voit reprocher par le journal France-Soir d’avoir voulu faire un scoop44 et de poursuivre dans cette affaire le conflit qui l’oppose à Alexandre Lebrun45.

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